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EGOS 2 : la FNI interpelle bruyamment la ministre de la Santé

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artcile su site : www.fni.fr (Fédération Nationale des Infirmiers)

Lors de la dernière convention CNPS, Madame la Ministre de la Santé a précisé : « Nous devons être capables d'éviter les faux débats pour poser les vraies questions » et conclu son discours par une citation de Nelson Mandela que les infirmiers, aujourd'hui, ne peuvent que reprendre à leur compte : « ce qui se fera pour moi sans moi se fera contre moi »

La FNI dénonce des modalités de concertations réductrices et préfabriquées :

° confidentielles et partiales par l'intermédiaire de l'UNPS dont ce n'est pas la mission ... ne tenant pas compte des critères de représentativité des organisations professionnelles ...

° segmentées de manière arbitraire par vos services, et cantonnant les infirmiers dans « l'ambulance ... » alors qu'ils constituent, avec les pharmaciens, le premier recours pour les malades à la sortie d'hospitalisation et dans le maintien à domicile des patients en situation de dépendance

° issues d'un programme imposé d'auditions choisies par la DHOS ne souffrant d'aucune autre proposition émanant d'une organisation professionnelle .... Bien loin d'un esprit « résolument prospectif »

Malgré de nombreux courriers et contributions émanant de notre part, force est de constater que, pour ce qui concerne l'avenir des infirmiers et donc la qualité des soins, le fil conducteur de cette consultation qualifiée d'« élargie » relève clairement de la discrimination :

Discriminatoire ... le choix autoritaire d'un clivage hiérarchique, réunissant d'abord les médecins et ensuite les autres acteurs de santé de proximité, en totale déconnection avec les relations de collaboration interprofessionnelle que nous vivons au quotidien

Discriminatoire ... la restitution des EGOS 2 ne prenant pas en compte les décisions issues des débats professionnels et imposant de manière partiale un « paysage de premier recours » amputé des principaux acteurs de la permanence des soins, du maintien à domicile des personnes en situation de dépendance et du suivi du projet thérapeutique que sont les infirmiers

Discriminatoire ... la restitution des EGOS 2 intégrant des conclusions qui n'ont pas été discutées dans les groupes, permettant à nouveau le passage en force d'une vision de la formation et des évolutions juridiques de la profession déconnectées des réalités de terrain, sans cohérence avec les évolutions européennes et loin de faire consensus dans la profession

Discriminatoire ... la position à peine dissimulée d'une approche profondément moyenâgeuse vis-à-vis d'une profession en grande majorité féminine, renvoyée par les principaux initiateurs de ces EGOS à une condition de « travailleuses manuelles dévouées » ....

Madame Bachelot ne nous laisse pas le choix de rester sans réagir à de telles conclusions qui vont à l'encontre du bon sens, de la qualité et de la sécurité des soins.


Notre organisation se voit donc dans l'ardente obligation de réagir de manière plus « bruyante » à des modalités de concertations qui n'ont laissé aucune place aux vrais débats pour ne pas déroger à la pensée unique du moment.

Notre syndicat se donnera les moyens d'alerter l'opinion publique et la représentation nationale sur le rôle que les infirmières de proximité assurent dans la permanence des soins sans aucune contrepartie financière et bien au-delà de ce qui leur est demandé, afin que chacun puisse prendre la mesure de la variable d'ajustement humaine que nous représentons au quotidien pour prendre en charge, sans file d'attente, les malades sortant d'hospitalisation.

La plus importante réforme de notre système de santé depuis la loi de 1958 méritait mieux qu'une pseudo concertation à deux vitesses ... rendant plus compte des difficultés du ministère de la Santé à s'adapter que des professionnels de santé à coopérer.

Pour une nécessaire sécurité et qualité des soins de premier recours et une évolution des professions capables de répondre à ces enjeux, nous voulons de « vrais débats pour poser de vraies questions » dans le respect de la représentation professionnelle.

Paris, le 9 avril 2008
Contact Presse : Philippe TISSERAND